Les élections au Brésil en 2026, Lula da Silva tricheurs ou pas ?

Dimanche 25 octobre 2026, le second tour de la présidentielle brésilienne entre Luiz Inácio Lula da Silva (PT) et Flávio Bolsonaro (PL) a été marqué par une prolongation judiciaire inédite de deux heures du scrutin, décidée par le ministre du Supremo Tribunal Federal (STF) Cristiano Zanin à la demande de la campagne de Lula (et après une demande similaire du camp adverse pour d’autres motifs). Le décompte, brièvement suspendu, a repris et confirmé la victoire de Lula avec 51,79 % des voix. Flávio Bolsonaro a refusé de reconnaître le résultat et annoncé vouloir demander l’annulation du scrutin.

26/10/2026 - 13:07
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Le 25 octobre 2026, près de 160 millions d’électeurs brésiliens étaient appelés aux urnes pour le second tour de l’élection présidentielle, opposant le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Le scrutin devait se terminer à 17 h (heure de Brasília). Dans les heures précédant la fermeture, les deux camps ont signalé des difficultés d’accès aux bureaux de vote.

La campagne de Lula a dénoncé des insuffisances de transports publics (bus retirés ou insuffisants) dans plusieurs villes et États, notamment São Paulo et Salvador, interprétées par ses partisans comme une tentative de freiner l’affluence d’électeurs favorables au PT. Le camp de Flávio Bolsonaro a, de son côté, demandé une prolongation limitée dans des municipalités du Sud et du Sud-Est touchées par de fortes pluies, inondations et coupures d’électricité.

À 16 h 32, le dossier est parvenu au STF. Le ministre Cristiano Zanin — ancien avocat personnel de Lula dans les affaires liées à l’opération Lava Jato, nommé à la Cour par le président en 2023 — a ordonné, vers 17 h 01, une prorogation nationale de deux heures jusqu’à 19 h pour toutes les sections encore ouvertes. Une précision ultérieure a limité la mesure aux bureaux dont les urnes électroniques n’avaient pas encore été fermées, car beaucoup avaient déjà clôturé automatiquement. Le Tribunal Superior Electoral (TSE) a temporairement suspendu la totalisation des voix qui avait commencé (les premiers chiffres partiels montraient Lula en tête) pour respecter la fenêtre prolongée, avant de la reprendre. Le président du TSE, Kassio Nunes Marques (nommé par Jair Bolsonaro), a souligné le caractère inédit de la mesure, qui a généré des difficultés techniques et opérationnelles, tout en affirmant que le processus restait sécurisé et que les résultats n’en avaient pas été affectés.

Avec 100 % des bulletins dépouillés, Lula l’a emporté avec environ 51,79 % des voix (plus de 64 millions de suffrages) contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro (près de 59,8 millions), soit une avance d’environ 4,4 millions de voix. Il s’agit d’une première depuis le retour de la démocratie : jamais le candidat arrivé deuxième au premier tour n’avait renversé le résultat au second. Lula a célébré une victoire historique ; son adversaire a déclaré qu’il était « impossible de reconnaître le résultat » dans ces conditions, qualifiant la décision de Zanin de changement de règles en cours de jeu et annonçant une demande d’annulation judiciaire.

Les faits établis par les sources officielles et la presse internationale (BBC, Reuters, Associated Press, Guardian, etc.) montrent une décision judiciaire d’urgence prise par un juge du STF sur requête de campagne, dans un contexte de problèmes de transport et de météo, et non une décision unilatérale du candidat Lula de « paralyser » le décompte. Le décompte a été momentanément interrompu pour permettre la prorogation, puis achevé normalement par le TSE. La contestation de Flávio Bolsonaro s’inscrit dans la continuité des doutes exprimés par le camp bolsonariste sur le système électoral, mais son propre camp avait également sollicité une extension dans certaines zones. Les analystes soulignent l’ampleur de l’écart final et le fait que la prorogation n’a concerné qu’une partie des bureaux encore ouverts.

L’épisode illustre la polarisation persistante au Brésil et les tensions entre les institutions (STF et TSE) dans un scrutin serré. Les recours éventuels seront examinés par les juridictions compétentes.

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ericbuzin

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